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Lignes de fond

Valeur, robustesse, transmission. Une lecture concentrée de ce qui se travaille au fil des rencontres, réunie en six familles. Chaque sujet tient en un titre et quelques lignes. Ils ne s'empilent pas, ils s'articulent autour d'une même conviction.

Famille 01

La conviction, ce qui précède la décision

01

La conviction du dirigeant, variable première

Ce n'est pas la forme juridique qui transforme une organisation, c'est la conviction de celui qui la dirige. Dix-huit mois passés à parcourir la France l'ont confirmé, auprès de centaines de dirigeants. La première compétence consiste à créer les conditions pour que cette conviction émerge, au point où tout se décide, puis à la tenir dans le temps. L'engagement qui vient du dirigeant tient. Celui qui vient d'ailleurs s'effrite.

02

L'engagement, au-delà du statut

La qualité de société à mission offre un cadre. L'engagement, lui, précède le statut et lui survit. Une entreprise familiale qui transmet ses valeurs sur trois générations, une coopérative, une société qui associe ses salariés au capital, une maison qui régénère son territoire tiennent toutes un engagement réel. Le cadre juridique sert celui qui veut s'y tenir dans la durée. Il prolonge la conviction de celui qui dirige.

03

Le sociétal, une histoire longue

Le sociétal traverse une lignée de pensée ancienne, d'Aristote à Schumpeter, en passant par Tocqueville et Burke. Responsabilité, transmission, subsidiarité, liberté : ces appuis ancrent la démarche dans une tradition exigeante, lisible par des dirigeants de toutes sensibilités. Le sociétal se comprend comme une manière de créer et de transmettre de la valeur, davantage que comme une critique de l'économie.

Famille 02

La création de valeur, ce qui fait tenir un modèle

04

Cinq axes tenus ensemble

Financier, économique, social, sociétal, environnemental. Le financier vient en premier, comme condition de tous les autres. Rien ne tient durablement sans solidité financière, performance économique et utilité réelle. La valeur est générative, et non additive : un projet qui valide quatre axes sur cinq reste sur la table. Ces axes se nourrissent les uns les autres, ce qui distingue une démarche de mission d'une politique de responsabilité classique.

05

L'utilité et la fonctionnalité

Une entreprise peut être rentable aujourd'hui et avoir déjà cessé d'être utile, ce qui fragilise sa rentabilité de demain. L'utilité de ce qu'elle apporte et la fonctionnalité de ce qu'elle produit conditionnent sa robustesse, donc sa performance durable. L'utilité conditionne la solidité des modèles dans le temps. Les entreprises défaillent par défaut de cohérence, davantage que par défaut de volonté.

06

Le partage de la valeur

Actionnariat salarié, association aux résultats, gouvernance ouverte. Le partage se mesure moins en accords qu'en effets concrets, ce qui change dans un atelier, dans une réunion, dans une transmission. Dans un groupe à mission observé de l'intérieur, l'ensemble des collaborateurs sont actionnaires, et des services entiers, énergie ou mobilité, répondent d'abord à un besoin interne avant de s'ouvrir au territoire.

Famille 03

Lire le monde, décider dans un monde qui se recompose

07

Géopolitique et géostratégie

Dans une période où se recomposent les équilibres démographiques, géopolitiques, technologiques, climatiques et capitalistiques, deux regards se complètent. La géopolitique sert à comprendre, elle lit les rapports de force du monde. La géostratégie sert à agir, elle positionne l'entreprise dans ces rapports. Le dirigeant a besoin des deux : la lucidité pour voir, la décision pour se situer.

08

Souveraineté et robustesse systémique

Un système très intégré propage les chocs autant que la valeur : contagion par les couplages serrés, dépendance asymétrique, dynamique du maillon faible. La réponse tient en trois gestes : l'acteur dominant se fait garant et amortisseur, les couplages se desserrent sur les noeuds critiques, la réversibilité s'inscrit dans chaque interdépendance. Le point de bifurcation se lit alors comme un territoire de décision.

09

L'intelligence artificielle dans la décision

L'intelligence artificielle est plus qu'un sujet technique. Elle change la manière de lire, d'arbitrer et de transmettre. Bien tenue, elle libère du temps de décision et éclaire les choix. La placer au service de la conviction du dirigeant, en appui et non en substitution, fait partie de la conduite. La responsabilité reste entière, du côté de celui qui décide.

Famille 04

Les Trois Appuis, le cadre d'arbitrage du comité de direction

10

La Confiance

Premier appui. La Confiance fonde et soutient. Elle se construit dans la durée, par la cohérence entre ce qui se dit et ce qui se fait. Sans elle, aucun collectif ne décide vraiment. Elle fonde l'autorité du dirigeant et soutient chaque arbitrage. Elle se travaille, elle ne se décrète pas.

11

Le Lien

Deuxième appui. Le Lien relie et engage. Il rassemble les personnes autour d'une même manière de décider et engage chacun dans ce qui est choisi. Il se noue autant dans l'entreprise qu'au dehors, là où le collectif se retrouve. Un collectif relié assume ses choix et les porte ensemble.

12

L'Action

Troisième appui. L'Action discerne et transforme. Elle distingue ce qui compte, puis change la décision en réalité. Reliée à la confiance et au lien, elle inscrit le changement dans les faits. Les trois appuis se tiennent ensemble, comme trois foyers reliés par des courbes souples, jamais comme un empilement.

Famille 05

Le temps, le lieu, le récit, là où l'engagement se construit

13

Le temps

Le temps de décider diffère du temps de produire. Introspection, construction de la confiance, cohésion du collectif demandent une durée propre, que l'accélération générale tend à comprimer. Rendre ce temps au dirigeant et à ses équipes, c'est leur rendre la capacité de choisir plutôt que de subir le rythme.Référence : Hartmut Rosa, Accélération.

14

Le lieu

Le collectif se noue souvent hors des murs de l'entreprise : une table, un terrain de pétanque, un padel, une salle. Ces lieux jouent, pour l'entreprise, un rôle proche de celui des édifices qui rassemblent. C'est là que naît le cri du collectif. Cet appui est le plus neuf, et le plus différenciant de la démarche.Référence : Marc Augé, Non-Lieux.

15

Le récit

Un récit relie l'introspection individuelle, l'identité collective et la raison d'être qui les coiffe. Il appartient à l'architecture de la transformation, en amont de toute communication. Nommer ce qui se passe, donner un langage commun au comité de direction, rendre le chemin lisible pour chaque partie prenante, ancrer la cohérence dans le temps.Référence : Paul Ricoeur, Temps et récit, Soi-même comme un autre.

Famille 06

Transmettre et durer, ce qui reste après le passage

16

La cohésion, dedans et dehors

Ce qu'une organisation fait pour ses collaborateurs et ce qu'elle fait pour la société relèvent d'une même décision, vue sous deux angles. Traiter le social comme une fonction et le sociétal comme une communication manque leur nature commune. La cohésion, c'est la capacité à créer du lien en dedans et en dehors en même temps, à libérer les énergies internes tout en construisant les relations de confiance qui permettent de durer.

17

Transmettre à temps

Des entreprises consistantes se fragilisent sans manquer de moyens. Ce qui leur manque, c'est un travail mené assez tôt sur le sens et la transmission. La cession se prépare des années avant l'acte. Nommer, formaliser, transmettre la conviction avant de la dire, c'est ce qui permet à une maison de tenir au-delà de celui qui l'a portée.

18

Une démarche, un tout cohérent

Ces sujets s'articulent. Les cinq axes disent la valeur créée. Les Trois Appuis donnent le cadre d'arbitrage. Le temps, le lieu, le récit ouvrent l'espace où l'engagement se construit. Une même démarche, un conseil systémique qui relie la conviction, la décision et la durée.

Le temps, le lieu, le récit.

L'engagement durable. Ces sujets se prolongent en conversation, à l'occasion d'une intervention, d'un accompagnement ou d'un mandat. Contact